Les gens, il faut tous les brûler

Aujourd'hui, je suis allée chez le médecin avec mon fils.

Sur les coups de 8h30, on arrive dans la salle d'attente (le papa avait gentillement proposé de garder la cocotte à la maison), il y a 9 personnes devant nous. Hum. On va en avoir pour la matinée, d'après mes calculs, ça vaut pas le coup d'attendre. J'abandonne, on retentera plus tard. Et c'est là que je me dis que ce serait bien si je pouvais laisser un objet, genre je sais pas une paire de chaussure pour signaler aux autres "Hey ! j'attends mais depuis chez moi parce que ça me saoule d'être ici, ok ? "

On rentre à la maison, la matinée se poursuit. Arrivé à 11h, on y retourne, avec la cocotte cette fois (il faut bien que le papa travaille). 5 personnes devant nous. C'est mieux mais pas top. Je m'installe au fonds de la salle, à côté d'un vieux qui lit (c'est mieux que l'entourage du gars qui regarde une émission sur les crash aérien sur son téléphone), on en a quand même pour un certain temps. Les minutes passent, la patience des gamins diminuent, le fiston tousse comme un fumeur de gitane. C'est l'heure de la sieste pour la jeune fille qui naturellement se met à pleurer. J'ai beau essayer de la bercer, de la faire téter, rien n'y fait, elle est inconsolable. Même son frère ne parvient pas à la calmer avec ses "Roh ! Arrête de pleurer !" étonnant non ? Là je me dis, allez, rien que pour avoir la paix, y'a bien un des vieux qui va me laisser passer. Haha, la bonne blague ! Quand il s'agit d'une place en salle d'attente, le vieux est sans pitié. Le vieux lecteur à côté de moi aspire effectivement à la paix et décide donc de changer de place. Déjà là, je l'ai regardé moche. Qui change de place dans une salle d'attente parce qu'il y a une bébé qui pleure à proximité ? Je rappelle au passage que la dite salle était bien pleine. Avant de s'en aller, il me glisse encore " Je crois que c'est parce qu'il est malade qu'il pleure". Je lui ai fait mon pire sourire. Puis je me suis souvenue que je portais un masque. Je pense quand même que quelque part sur ma tête il a dû lire "connard", je le pensais tellement fort. Merci de ton aide, et mais dis donc Sherlock, est-ce que j'ai l'air de te demander ton avis ? Est-ce que tu peux t'occuper de ton cul flétris s'il te plaît ? Il semblerait que le connard des champs existe en version relou de salle d'attente.

 


Il s’assied donc plus loin à côté de Micheline et tous les deux commencent copieusement à dire que ah ben eux, quand leurs enfants étaient malades, ils faisaient venir le médecin à la maison, c'est quand même plus commode, parce que franchement les pauvres petits. Le tout en alsacien. Déjà les gars, je vous entends parce que ma fille s'est endormie et que vous êtes sourds comme des pots donc vous parlez super fort, ensuite je comprends ce que vous dites, bande de sales enculés. Et enfin, vous avez vu la gueule de la salle d'attente ? Vous croyez que le médecin à le temps de prendre sa petite mallette et venir gambader jusqu'à chez moi aujourd'hui ? Je ne pense pas. Et au fait, je vous emmerde. En vrai, je n'ai rien dit. J'ai fait comme si je n'avais rien entendu et j'ai regardé ma cocote d'amour qui dormait dans mes bras et mon fils qui se roulait par terre. Le nouveau moi relativement zen m'étonne. Bon, mentalement j'étais quand même partie sur mes instruments de torture médiévale préférés, mais franchement c'est pas mal niveau self-control.

Là dessus, le fiston qui s'ennuie royalement, trouve un xylophone dans le bac à jouets. Je l'ai écouté frapper l'objet pendant la demi-heure qui a suivi sans rien dire. Et j'ai eu une révélation. Si ça se trouve, les gosses qui sont insupportables dans les salles d'attente, c'est pas parce que leur parent a abandonné toute vélléité d'éducation, c'est juste que les gens autour ont été horribles avec les parents et ils se vengent. En tout cas, c'est ce que moi je fait. Et j'y penserai la prochaine fois que je serai en présence d'un gamin turbulent et d'un parent coit. Je lui ferai peut-être même un petit clin d'oeil, genre on partage un vilain petit secret.

Au bout d'1h30, personne ne nous a laissé passer. Il reste moi et un type qui est arrivé exactement en même temps que moi et qui ronfle sur le canapé (vraiment, il ronfle affalé sur le canapé). Quand la porte du cabinet s'ouvre, il saute littéralement à l' intérieur. Connard. 

 


 

L'après-midi, je vais à la boulangerie après être passée à la pharmacie. La boulangerie que j'aime pas trop, parce que la mienne est fermée le lundi (c'est comme ça dans le village, tu dois choisir ton camps niveau boulangerie, ça révèle un peu quelque chose de ta personnalité, et puis il y a une règle tacite qui dit que t'as plus vraiment le droit de changer une fois que t'as choisi et d'ailleurs si tu peux aller à la même que tes parents, c'est mieux. Mais t'es carrément mal vu si tu les fréquentes toutes, faut avoir une bonne raison, par exemple jour férié, congés annuels pour changer, sinon c'est louche. Après, on est français ou on ne l'est pas). Bref, je ne les aime pas trop, les vendeuses ne sont pas sympas. J'ai à peine le temps de balayer du regard l'étalage qu'elle me dit la somme à payer. Je déteste ça, j'ai l'impression qu'on me pousse dehors. J'aurais bien encore prit un truc, comme cette part de tarte à la rhubarbe qui avait l'air délicieuse. Mais non, exprès je paye et je m'en vais. Et je m'imagine en train de l'empaler avec cette baguette beaucoup trop pointue qu'elle m'a vendue. 

Les jours où c'est comme ça, je me dis que c'est moi le problème. Quand tout le monde est con, il n'y a qu'un seul con dans la salle. J'en parle vaguement à mon mec en rentrant et il me répond direct "Non mais les gens sont décevants en ce moment" et il me fait la liste de tous les gens qui l'agacent ces derniers jours. Ah, c'est pas que moi. Il faut vraiment tous les brûler alors.


PS : ce billet est dédié à mon amie F. Bisous, je t'aime d'amour. Et mort aux cons !



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Au parc

Les livres pour enfant

Youpi matin