Sans sucre et sans lait, merci
J'aimerais pouvoir prendre un café avec la maman épuisée et dépassée que j'étais il y a 3/4 ans.
Je l'écouterais me dire à quel point c'est dur, comme elle n'en peut plus certains jours. Je l'écouterais raconter qu'elle pleure avec et presque aussi souvent que son bébé. Que son bébé est génial et qu'elle n'est pas à la hauteur, qu'il serait mieux avec une autre maman, plus patiente, moins fatiguée et qui sait ce qu'elle fait. Qu'elle se demande si elle joue assez avec lui, si il a assez d'éléments pour participer à son éveil (y'a pas mieux que pinterest pour te faire culpabiliser de pas proposer de nouvelles activités faites maison à ton nourrisson tous les 3 jours).
J'écouterais et je rigolerais. Vraiment. De bon coeur, avec la petite larme et tout. Comme ça :
Je lui demanderais de me dire encore une fois comment c'était trop dur de regarder Hercule Poirot tous les après-midi à la TV pendant que son bébé dormait à côté d'elle sur le canapé. Comment c'était éprouvant de le mettre au lit le soir et de pas remonter parce qu'il ne se réveillait pas avant plusieurs heures. Comment c'était compliqué quand, à partir de 7 mois il s'endormait pour les siestes en 5 minutes montre en main après un petit bisou. Je lui dirais qu'un enfant, c'est rien, c'est trop facile. Qu'elle est une lopette. Elle serait vexée, c'est un peu normal. But still.
Deux, c'est tout de suite autre chose. Il faut jongler, constamment. C'est une nouvelle sorte de culpabilité aussi. Est-ce que je m'occupe assez du grand ? Est-ce que je regarde assez la petite ? Au final, on ne peut pas savoir si on fait du bon boulot, et comme dit mon mec "une bonne mère, ça n'existe pas". L'important, c'est de faire son maximum. Sans s'éreinter non plus hein, mais de faire des efforts, d'y croire, d'essayer. D'être là quand ils ont besoin de nous. Deux c'est plus dur et plus simple à la fois. On est dans le moule déjà, on connait les étapes, on sait à quoi s'attendre et surtout, le truc qui sauve littéralement, on sait que tout fini par passer. Mais comme dit D. ma sensei, un bébé n'est pas l'autre, alors on est aussi déstabilisée, faut d'adapter, on ne peut pas juste appliquer les mêmes méthodes que pour le 1er pour obtenir les mêmes résultats. Mais d'un autre côté, on se rend compte qu'on peut lâcher du lest sur certains aspects et que tout roulera aussi. On apprend, on n'est plus la même maman non plus. Et pourtant, même si j'avais su ce que je sais maintenant, je pense que je n'aurais rien fait différemment.
Je lui dirais qu'elle fait du bon boulot, qu'elle se met trop la pression. Que c'est vrai, son fils est génial, et il va devenir un petit garçon génial, un peu grâce à elle. Et avec un peu de chance, il deviendra un homme génial. Mais oui, elle a raison, c'est difficile. Parce que c'est le premier, mais elle va prendre le pli. Ca semble insurmontable pour l'instant mais tout va bien se passer. Elle prendra l'habitude de se lever tôt et de dormir moins, même si c'est contre sa nature. Elle deviendra plus calme qu'elle ne l'a jamais été. Il dormira parfaitement bien, sans jamais rechigner, il s'endormira seul. Il mangera parfaitement bien et de tout. Il sera poli. Tout se passera bien. Promis. C'est 1 000 fois plus dur que ce qu'on pense mais c'est aussi 1 000 fois mieux. Bisous.

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